Frébuans, Fréboens, Frébuans.
Altitude : 239m
Notice Historique:
Frébuans paraît avoir été bâti sur l'emplacement ou les ruines de quelque villa romaine qui dominait la rive gauche de la Sorne.
Des tuileaux à rebords et d'autres débris de construction, arrachés en 1854, dans la contrée dite "Au Grand Prost", nous font pressentir vaguement cette première page de l'histoire.
La tradition seule nous raconte la fondation de son église de Saint-Georges et de son prieuré de Saint-Vincent. Il faut passer d'un bond au XII ème siècle.
A la "Perouse" était un ancien chemin partant de Lons, traversant Chilly, Frébuans et Trenal et aboutissant sur une route qui se dirigeait sur Louhans.
Saint-Georges a la prétention d'avoir été un des premiers postes occupés dans la province par la propagande chrétienne.
Ce village regarde son église comme contemporaine de celles de Saint-Etienne de Coldres, de Châtel et de Besançon;mais nous pensons que sa construction est postérieure à l'établissement des Bourguignons dans notre pays et qu'elle ne remonte qu'au VI ème siècle.
Un monastère de bénédictins s'était formé non loin de cette église dans le lieu dit "La cour Saint-Vincent".
Les religieux qui l'habitaient se retirèrent à Baume du X ème au XI ème siècle.
Le premier titre connu qui mentionne l'Eglise Saint-Georges est la bulle du pape Clément III qui en confirma la possession en 1190 à l'Abbaye de Baume.
Seigneurie de Frébuans :Il ne paraît pas que ce village ait eu avant le XIV ème siècle, d'autres seigneurs directs que ceux du château de Pymont.
Louis de Chalon, Sire d'Arguel et de Cuiseaux marié en 1360 à Marguerite de Vienne inféoda Frébuans à Claude de Baume, d'Arlay, l'un de ses écuyers.
Ce dernier le vendit à Pierre Simon de Lons, écuyer.
Le 9 avril 1453, Jean, fils de Pierre Simon, céda ce fief à Guillaume de Vaudrey, seigneur de Courlaoux et du Pin.
Château :
Dans la contrée dite "au Chazal" ou "Au vieux Chatel" s'élevait une maison forte qu'habitèrent quelquefois les seigneurs particuliers de Frébuans.
Détruite pendant la guerre du XVII ème siècle, il n'en reste plus de vestiges.
Eglise de Saint-Georges des Champs :De vieilles traditions populaires entourent le berceau de ces Eglises et ne permettent pas de douter de leur antiquité. Elles servaient de paroisses dans l'origine à un grand nombre de villages.
L'abbé de Baume en céda le patronage en 1419 au cellerier de son monastère en échange de celui de l'Eglise de Bletterans.
Une chapelle érigée au XV ème siècle à Chilly lui enleva une partie de son importance. Un presbytère fut bâti dans ce dernier lieu et le curé y fixa sa résidence.
Ruinée par les guerres du XVII ème siècle, l'Eglise de Saint-Georges perdit peu à peu ses caractères d'Eglise mère.
Dans la nuit du 11 au 12 nivôse an XI (1er janvier 1803), quelques jeunes gens de Chilly s'y introduisirent furtivement et enlevèrent la cloche ainsi que le buste de Saint-Georges. L'autorité supérieure intervint assez tôt pour empêcher une rixe imminente de la part des habitants de Frébuans.
L'Eglise se compose d'une nef, d'une chapelle à droite, d'un choeur et d'un sanctuaire rectangulaire. L'intérieur est voûté en ogive. La voûte est très élevée et de belles proportions. Ces arcs-doubleaux se prolongent en forme de pilastres jusqu'au sol. On remarque dans sa chapelle deux belles fenêtres ogivales géminées et trilobées, de jolies statuettes en marbre blanc, dont l'une représente Sainte-Catherine, et des armoiries peintes.
Prieuré de Saint-Vincent :Aucun titre ne mentionne ce monastère. On sait seulement qu'il y avait au milieu du clos de la cour Saint-Vincent une chapelle très ancienne dédiée à Saint-Vincent.
Evenements divers:Compte tenu de leur situation géographique, Frébuans et Saint-Georges ont dû souffrir de toutes les invasions dont notre province fut le théâtre. Ces villages ont été dévastés trois ou quatre fois par les Français.
En 1789 une inondation extraordinaire menaça d'engloutir toutes les maisons de Saint-Georges.
Source : Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de la Franche-Comté. Département du Jura, par A. ROUSSET, 1854.

Etymologie:
" Rousset écrit (3) que Frébuans, Furbuans, Fébruans, paraît dériver de Fébrua, Déesse des Purifications chez les Romains, et la Sorne de
Soranus, dieu des morts chez les Sabins. Cependant, le nom Fluans (4), ou de Fébruans (5), qui figure sur certaines vieilles cartes est inexact,
et les fébruales, ou expiations pratiquées au début février par les Romains, n'ont laissé aucun souvenir ici. Du XIIè siecle à nos
jours, Frébuans s'est appelé Freboen, Frébuen, Froubuan, Froubian, Frébian.La prononciation locale est Froubuans ; elle n'est pas sans importance,
car dans toute la région, elle s'est souvent conservée intacte à travers les siecles, et correspond aux noms des plus anciens titres. "
(3) article de Frébuans
(4) carte de Sanson D'abbeville (1658)
(5) cates de Cassini et du département du Jura (1790)
